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Preuve déloyale ou illicite : conditions de recevabilité après le revirement

Par Toni Landini 23 novembre 2025 7 min de lecture

Le revirement opéré par l'Assemblée plénière le 22 décembre 2023 met fin à l'irrecevabilité automatique de la preuve obtenue par stratagème : son admission dépend désormais d'un contrôle de proportionnalité articulé autour du droit à la preuve.

Le double test de proportionnalité

L'arrêt unifie les régimes de la preuve illicite et déloyale. Une preuve obtenue à l'insu de la personne ne peut être admise que si la partie démontre :

  1. Qu'elle est indispensable à l'exercice de son droit à la preuve ;
  2. Que l'atteinte aux droits adverses (notamment vie privée) demeure strictement proportionnée au but poursuivi.

L'analyse est contextualisée : nature du procédé, existence de moyens alternatifs, impact sur l'équité de la procédure.

Trois illustrations récentes

  • Civ. 2e, 6 juin 2024, n° 22-11.736 : enregistrement clandestin admis pour établir des violences contestées, faute d'autre preuve.
  • CA Rennes, 24 sept. 2024, n° 23/06318 : photographies admises, atteinte faible et contexte autorisé.
  • CA Aix-en-Provence, 9 oct. 2025, n° 24/12830 : retranscription d'enregistrement clandestin refusée, ni indispensabilité ni proportionnalité démontrées.

Portée

La disparition de la distinction déloyale/illicite conduit à un régime unique centré sur la mise en balance. La recevabilité tient désormais à l'équilibre entre droit à la preuve et droits fondamentaux. Le mouvement rapproche le droit interne des exigences de la CEDH.

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